Le millésime 2024 : une année exceptionnelle en Touraine
Chaque millésime raconte une histoire climatique unique. 2024 aura écrit la sienne avec une intensité rare : un printemps capricieux, un été de feu, puis des nuits fraîches d'automne qui ont offert à nos raisins une fraîcheur aromatique exceptionnelle.
Un printemps sous surveillance
Dès le débourrement en mars, nous avons senti que 2024 ne serait pas un millésime ordinaire. Les températures printanières ont oscillé de manière inhabituelle, avec des épisodes de gel tardif en avril qui nous ont tenus en alerte. Nous avons dû allumer les bougies antigel sur les parcelles les plus exposées — une nuit blanche mémorable, mais les pertes ont été minimales.
La floraison, décalée d'une dizaine de jours par rapport à la normale, s'est finalement déroulée dans de bonnes conditions fin juin. Bonne nouaison, grappes bien formées : les bases d'un beau millésime étaient posées.
L'été de la concentration
Juillet et août ont été marqués par une chaleur soutenue, avec plusieurs épisodes à plus de 35 °C. Notre sol de tuffeau a joué à merveille son rôle de régulateur : les racines profondes de nos vieilles vignes ont puisé dans les réserves hydriques du sous-sol pour maintenir une alimentation hydrique minimale, évitant le stress hydrique qui altère les arômes.
Les raisins ont accumulé du sucre lentement, sans précipitation. C'est cette lenteur qui fait les grands millésimes : quand les arômes ont le temps de se développer progressivement, ils gagnent en complexité et en profondeur.
Note du vigneron
"En 30 ans de viticulture, je n'avais jamais vu des raisins aussi parfaitement sains à l'entrée en cave. Zéro pourriture, peaux épaisses, pépins mûrs. C'était beau." — Henri Cognard
L'automne salvateur
La grande surprise de 2024 a été la qualité de l'automne. Après la canicule estivale, les nuits de septembre sont descendues en dessous de 15 °C dès la mi-août, préservant l'acidité naturelle des raisins. Cette acidité est la colonne vertébrale des grands vins : elle garantit la fraîcheur et la longévité.
Nous avons commencé les vendanges le 18 septembre — soit une semaine plus tôt que d'habitude — pour profiter de cette fenêtre climatique idéale. Tout notre équipe de vendangeurs, 22 personnes cette année, a travaillé 10 jours d'affilée pour rentrer la récolte dans des conditions parfaites.
Ce qu'on attend de ces vins
Les premiers soutirages sont prometteurs. La Cuvée Tradition 2024 présente une robe d'une profondeur rare pour ce vin, des arômes de cassis confit et de violette d'une netteté remarquable. La bouche est ample, les tannins veloutés, l'acidité fraîche et bien intégrée.
La Cuvée Vieilles Vignes est, elle, encore fermée — comme tous les grands vins à ce stade. Mais les analyses pointent vers un potentiel de garde exceptionnel : nous estimons que ce vin pourra s'épanouir sur 15 à 20 ans. Une rareté.
Les vins seront disponibles à la vente directe au domaine à partir du printemps 2025 pour la Tradition, et courant 2026 pour les Vieilles Vignes après un élevage en fûts de chêne de 16 mois.
Comparaison avec les millésimes récents
| Millésime | Qualité globale | Style | Garde |
|---|---|---|---|
| 2024 | ★★★★★ | Concentré, frais | 15–20 ans |
| 2023 | ★★★★ | Élégant, floral | 8–12 ans |
| 2022 | ★★★★ | Solaire, épicé | 10–15 ans |
| 2021 | ★★★★★ | Classique, minéral | 12–18 ans |
| 2020 | ★★★ | Précoce, fruité | 5–8 ans |
Le millésime 2024 s'inscrit dans la lignée des grands millésimes du siècle en Touraine, aux côtés de 2005, 2010 et 2015. Pour les amateurs qui souhaitent constituer une cave, il représente une opportunité rare d'acquérir des vins de Saint-Nicolas-de-Bourgueil à fort potentiel à des prix encore raisonnables.